Déconventionnement : recensement des fermetures de sites

Inventaire à retrouver sur le site de Grimper

Interdiction de deux sites majeurs de Vendée : l'escalade dans le collimateur du conseil départemental

 

 

 

Pris le 11 janvier, l’arrêté d’interdiction de l’escalade sur le rocher de Pierre Blanche (41 voies, 34 m de haut), principale falaise de Vendée, est effectif depuis hier, le 22 janvier. Il fait toutefois suite à une première action totalement passée sous les radars de l'information, du 15 avril 2022, d'une partie du site de bloc des Coteaux de Fleuriais (280 passages en tout et de courtes voies). Avec ces nouveaux cas, l’on passe toutefois à un tout autre niveau de procédure puisque non plus initiée par un particulier ou une petite commune rurale mais cette fois-ci par UN DÉPARTEMENT, propriétaire foncier de ces zones et qui, suite au déconventionnement, ne souhaite pas procéder à la sécurisation des lieux.

 

Visiblement, le travail de pédagogie et de sensibilisation à mener auprès des territoires sans culture "montagne" est encore extrêmement important pour que le souhait de voir les collectivités reprendre la garde des falaises trouve un réel écho dans tout l'hexagone.

Souvenons-nous que, dès réception du courrier du 22 avril 2020 mentionnant le début des déconventionnements, la première interdiction à tomber était l’œuvre de la commune bretonne du Verger (Ille-et-Vilaine, non loin de Rennes) dès le 12 mai, Bretagne et montagne, ne rimant simplement qu’à travers l'orthographe.

Pour ces nouvelles fermetures de sites en Vendée, si le dialogue échoue comme cela semble en prendre la direction, un recours juridique envers des collectivités pour casser l'interdiction peut-il encore être espéré comme l'indiquait Alain Carrière dans ses propos ? 

Au juge administratif de peut-être se prononcer mais l'argument brandit par le département, pour tous les usagers (et non que les grimpeurs) et surtout de sécurité du public, semble imparable car difficilement contestable sans études à l'appui. Et ces travaux, une nouvelle fois, financés par qui ?

Dès le déconventionnement annoncé, une « ruse » pour contourner ce qui pourrait éventuellement être jugée comme une décision abusive avait d'ailleurs été employée pour fermer le site des gorges de la Sioule (Allier) en mentionnant simplement " risque d'éboulements". Cette mesure est toujours effective trois ans plus tard, sans que la FFME n'ait contesté cette interdiction. 

Est-il souhaitable également que l'institution fédérale engage des bras de fer juridiques envers des instances incontournables avec lesquelles la confiance sera ensuite rompue pendant de longues années ? 

 

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Panneau installé dans les gorges de la Sioule, interdisant l'escalade mais pour cause sécuritaire : le risque d'éboulement... Un moyen visiblement très efficace pour contourner le concept "d'interdiction abusive". © Pascal Gourbet

 

Concernant la Vendée, les deux principaux sites du département, les coteaux de Fleuriais (secteurs Table ronde et La Source/Portail) et le rocher de Pierre Blanche sont donc interdits, respectivement, depuis le 15 avril 2022 et le 11  janvier 2023 ainsi que la petite barre de la Braconnerie à Poirée-sur-Vie pour dénonciation de la convention avec le propriétaire.

Pour les autres zones de Fleuriais (Plage et Star Wars), n'appartenant pas au département, le CT85 a œuvré de concert avec la municipalité de Mortagne-sur-Sèvre qui a accepté un contrat d'entretien. 

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Nouvelle interdiction dans le Vercors : le Précipice des Corbières...

 

 

 
Suite à l'information du déconventionnement fédéral, par arrêté municipal en date du 23 décembre dernier, le maire de la petite commune de Vassieux-en-Vercors, "tire donc le parapluie" afin de ne pas être inquiété judiciairement en cas d'accident.  
 
La mention "fermeture temporaire" est d'autant plus préoccupante car les opérations de contrôle ne peuvent être effectuées en hiver (et d'ailleurs par qui ? qui financera et qui garantira un risque nul à 100 % ?) et, plus flou que "temporaire", il n'y a pas... 
 
Cela permet toutefois de souligner, qu'en l'état, l'arrêté apparaitraît comme illégal et peut-être contesté devant un tribunal administratif comme le souligne Maître Maïté Cano, qui a publié il y a quinze jours un article spécifique sur le site Village de la justice : une telle décision doit être limitée très précisément dans le temps sous peine d'annulation
Ce site avait déjà été sur la sellette avec des problèmes de voisinage lié au parcage des véhicules et à l'accès qui avait dû être modifié.
Et aller devant la justice, même en cas de victoire, serait courir le risque d'un clash définitif avec la municipalité. Tout porte à croire qu'il vaudrait mieux trouver une solution moins chronophage, moins agressive et plus pérenne...
 

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Les interdictions du jour : la moitié de La Clape et Roc Fayard

 

 

 

Deux mauvaises nouvelles tombent aujourd'hui : par arrêté du 11 janvier, le maire Gruissan (Aude) stipule l’interdiction de l’escalade sur les secteurs de la Chandelle, la Crouzade et les Caunes à La Clape, soit plus de la moitié du site, une information relayée par le Club Alpin de Carcassonne, tandis que les grimpeurs du Périgord mentionnent une décision identique à Campagne (Dordogne) pour la falaise de Roc Fayard.

 

 Dans ce dernier cas de Roc Fayard, il semblerait que l’interdiction serait réellement temporaire puisque cette falaise appartient au département qui souhaiterait rapidement trouver un protocole permettant de se protéger juridiquement. Selon « la rumeur » d’autres sites du secteur seraient également menacés et, afin de communiquer à l’unisson, les divers clubs FFCAM, très actifs dans la région Sud-Ouest, ont pris la décision de se structurer en Comité Départemental.

 

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Massif de la Clape, leș trois secteurs concernés sur la commune de Gruissan : la Chandelle (58 à 74 voies), la Crouzade (39 à 70 voies) et les Caunes (48 à 60 voies). © Google Earth

 

Pour la falaise nettement plus connue de la Clape, le cas semble plus complexe, puisque l’interdiction intervient suite à un diagnostic réalisé par une société de travaux acrobatiques qui mentionne un manque de conformité des équipements en place en se basant sur les recommandations fédérales.

Le « dans l’attente de la réalisation de travaux » n’est pas vraiment bon signe, car encore une fois, qui va régler la facture de la remise aux normes de cette moitié du site (soit de 145 à 204 voies selon les topos) sur les trois secteurs concernés ? Surtout, ce terme est malheureusement bien connu dans le milieu de la verticalité, avec de nombreuses vias ferratas fermées pour des causes identiques depuis bien des années, voire une ou deux décennies ! Pour la plupart, ce ne furent d’ailleurs que les prémices à des fermetures finalement définitives

Plus que jamais, la communauté de l'escalade doit faire front pour préserver l'accès aux falaises, et pour éviter à tout prix que ces interdictions qui s'enchaînent ne deviennent la norme.

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Interdiction de la falaise d'Aureille (Alpilles) et inquiétude pour trois autres sites des Bouches-du-Rhône

En fin d'année, le CT13 FFME, par la voix de son président Jean-Claude Grand, avait alarmé sur les possibles interdictions à venir sur différents sites du département et, comme envisagé, Aureille est donc la première à tomber sous le joug du déconventionnement annoncé en 2020 par l'institution nationale.

L'escalade y donc est désormais interdite puisque aucun accord n'a pu être trouvé à temps entre l'antenne locale de la fédération et la commune qui refuse d'en « prendre la garde » afin de préserver le propriétaire de ce domaine agricole de toute recherche de responsabilité en cas d'accident.

La seule solution possible pour le moment, et en cours de discussion, est que, grâce aux fonds de la taxe d'aménagement (une petite imposition collectée lors de chaque autorisation donnée de construction/aménagement) , le département des Bouches-du-Rhône se porte acquéreur de la zone afin qu'elle demeure accessible au public, et donc potentiellement aux grimpeurs... Le comité local est prêt à jouer son rôle de sécurisation et de contrôle des voies mais il alerte toutefois sur le fait que l'escalade n'est pas la préoccupation première du conseil départemental.

Pour l'instant aucune nouvelle, positive comme négative, pour les trois autres sites sur la sellette : la falaise de Port-Miou (Cassis), d'Eyguières et du baou de l'Aigle (Cadolive)...

Visiblement la modification de la loi faite en février 2022 sur l'atténuation de la responsabilité du propriétaire semble clairement inefficace, puisque nettement trop floue dans l'écriture du texte, et les interdictions de pratique s'accélèrent sur tout le territoire.

L'accès à la falaise de Roquevaire (13) est désormais réservé aux licenciés et aux professionnels...

Le CT13 (Comité Territorial des Bouches-du-Rhône) vient de faire passer une info peu réjouissante : le site de Roquevaire, à côté d'Aubagne, n'est désormais autorisé qu'aux pratiquants disposant d'une licence (FFME, FFCAM, FSGT...) et aux professionnels.

 
La décision vient d'être prise par la municipalité suite au déconventionnement de la FFME nationale des falaises de la commune. Cette dernière souhaite ainsi "se couvrir" en cas d'accident survenant sur ses parcelles foncières (secteurs du Ravin du Garlaban, du Grand Vallon et du Vallon du Marseillais). 
 
Soulignons toutefois qu'il s'agit là que d'une mesurette en mi-teinte, puisque ce n'est pas une assurance individuelle qui exempte de la responsabilité du propriétaire.
 

Déconventionnement : interdiction d’une grande partie de Presles !

Alors que le déconventionnement devient effectif sur le territoire depuis ce 1er janvier, la vague d’interdiction de falaises est donc en train de prendre une toute nouvelle dimension avec, cette fois, l’annonce faite hier par le propriétaire des secteurs de Choranche de l’interdiction de toute cette partie de ce monument de l’escalade hexagonale qu’est Presles.

Des secteurs d’initiations jusqu’aux grandes voies en passant par les voies extrêmes de Pierrot Beach, Presles représente le passé, le présent et l’avenir de l’escalade dans le Vercors et plus largement en France. Nous devrions d'ailleurs fêter cette année les 70 ans de la première ouverture !

La SARL des Rochers de Choranche qui gère le site, dans un courrier adressé hier au président de la FFME et diffusé auprès du CT38, du Département de l’Isère, du Parc Naturel Régional du Vercors, des Mairies de Presles et de Choranche et des Professionnels du Vercors, annonce donc l’interdiction de l’escalade dans tous les secteurs se trouvant sur ses parcelles ainsi que son intention de les faire déséquiper par une entreprise spécialisée déjà présente sur place. L’interdiction touche également la route d'accès et le stationnement sur le parking de cette exploitation qui sont donc privés. En complément des emails relayant cette information, des courriers recommandés ont été envoyés aux différents intervenants dans la foulée.

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La zone impacté par l'interdiction. © Google Earth

Contacté, le propriétaire Laurent Garnier, se dit extrêmement déçu par l’attitude de la fédération via son conseiller technique SNE mais également par la représentante du département qui, au cours des négociations menées depuis de nombreux mois, ne souhaitait reconventionner en son nom que le petit secteur Festival, soit 40 courtes voies nichées dans le haut des falaises.

Pourtant très impliqué par tradition familiale dans le milieu des sports de nature, Laurent Garnier ne peut donc se résoudre qu’à procéder à l’interdiction de l’escalade sur toute la zone, soit quasiment trois kilomètres de falaise (!) afin de se préserver de tout recours judiciaire en cas d'accident. La seule sortie de crise possible ne serait qu'une reprise des conventions par le département mais, même si un accord pouvait être trouvé (pour toutes les parcelles uniquement) cela prendra de nombreux mois voire plusieurs années comme lui a annoncé l'un de ses interlocuteurs.

Ce cas est toutefois assez particulier puisqu’il n'engage pas la responsabilité d’un " individuel " mais de deux sociétés, l’exploitante du site touristique majeur des grottes de Choranche et la réelle propriétaire foncière, qui ne peuvent endosser une telle responsabilité pénale.

Ce gestionnaire professionnel déplore la teneur des échanges avec les responsables dépêchés par la FFME au cours des 18 derniers mois et souligne que d'un autre côté, en ce lieu, les pratiquants du BASE Jump (activité pourtant extrêmement risquée !) signent, eux, des conventions avec les propriétaires des points d'exit et des zones de poser.

Dès lundi, des panneaux d'interdiction d'accès et de pratique de l'escalade seront donc installés sur les différents chemins d'approche.

 

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Déconventionnement : recensement des fermetures de sites

Parution : 08/01/2023

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